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« Placer la personne au cœur des actions de réadaptation »

Réadaptation
France International

Isabelle Urseau est Directrice de la réadaptation à Handicap International. Elle explique en quoi cette discipline est l’un des piliers de l’association et comment elle est amenée à évoluer. Entretien.

Isabelle Urseau, directrice Réadaptation à Handicap International

Isabelle Urseau, directrice Réadaptation à Handicap International | © HI

Isabelle, depuis combien de temps travaillez-vous à HI et dirigez-vous la direction Réadaptation ?

Je suis arrivée à Handicap International fin 1986, suite à l’éruption du volcan Nevado del Ruiz en Colombie. Parmi les 3 000 survivants sur les 30 000 habitants de la ville d’Armero, des centaines de personnes avaient dû être amputées ou présentaient des incapacités fonctionnelles, avec d’énormes besoins en appareillage et soins de réadaptation. Je suis restée 13 ans sur le terrain : Colombie, Inde, Vietnam, Équateur et Mozambique. De retour au siège lyonnais, j’ai assuré différentes fonctions support et de management au service Réadaptation, avant d’en devenir la Directrice mi-2018.

Pourquoi la réadaptation est-elle l’une des missions fondamentales de Handicap International ?

Il s’agit en effet de l’expertise première de notre ONG, pionnière de la réadaptation dans les contextes humanitaires, de catastrophes naturelles, de conflits armés et de développement. La réadaptation a contribué à la naissance de Handicap International au début des années 80, dans les camps de réfugiés khmers le long de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Avec déjà à l'époque, une recherche de solutions innovantes et adaptées au contexte : la première prothèse était en bambou, mais aussi en cuir, en bois et en acier ! Il s'agit donc d'une mission fondamentale, mais qui reste toujours un moyen au service de l'inclusion des personnes que nous accompagnons.

Combien de personnes travaillent dans vos équipes aujourd’hui, quels sont leurs métiers et objectif ?

La réadaptation repose sur trois métiers principaux : kinésithérapeutes, orthoprothésistes et ergothérapeutes. Leur objectif est d’assurer des soins et des services de qualité aux bénéficiaires de nos programmes, et cela quelle que soit l’urgence ou la situation sur nos terrains d’intervention. Cela est rendu possible grâce à des standards d’intervention préétablis en amont par une vingtaine de spécialistes au siège que je dirige, et qui sont répartis géographiquement entre plusieurs villes : Lyon, Bruxelles, Luxembourg, Londres, Munich et Phnom Penh.

Y a-t-il une approche spécifique de la réadaptation à HI, des valeurs particulières ?

Oui, trois principes essentiels dirigent notre approche :

  • Tout d’abord placer la personne, considérée comme un acteur du soin et du service reçus, au cœur de nos actions.
  • Ensuite, réaliser toutes nos actions en lien direct avec les systèmes de santé locaux et en collaboration avec l’ensemble des systèmes sociaux existants.
  • Enfin, agir avec une vision globale et un objectif de pérennité, c’est-à-dire envisager l’urgence et le développement, sans oublier la prévention et l'inclusion.

La formation de professionnels locaux est donc un aspect clé de notre action, c’est pourquoi nous mettons en place des formations initiales et continues dans les centres de santé.

Dans un contexte qui évolue beaucoup ces dernières années, quels sont les nouveaux enjeux et défis de Handicap International ?

Les contextes de pauvreté et d'insécurité actuels éloignent de plus en plus les populations des services auxquels elles ont droit. Or, certaines nouvelles technologies ont le potentiel de révolutionner l’accès aux services de réadaptation. Notre enjeu est donc moins de développer des produits ou des services spécifiques pour les pays en développement, que de nous assurer que les produits ou services existants sont accessibles à tous et deviennent universels !

Publié le : 28 octobre 2019
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