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+ 80 % de victimes de mines en trois ans

Mines et autres armes
International

Le rapport 2018 de l’Observatoire des mines rend compte du nombre exceptionnellement élevé de nouvelles victimes de mines et de restes explosifs de guerre, et ce pour la troisième année consécutive : depuis 2014, il a presque doublé. HI appelle les États à soutenir l’assistance aux victimes pour répondre aux besoins qui ont augmenté de façon vertigineuse.

Au Tchad, délimitation d'une zone dangereuse avec des restes explosifs de guerre

Au Tchad, délimitation d'une zone dangereuse avec des restes explosifs de guerre | © Benoit Almeras / HI

Publié le 20 novembre, le rapport 2018 de l’Observatoire des mines montre que le nombre de nouvelles victimes de mines – industrielles ou de fabrication artisanale – et restes explosifs de guerre reste exceptionnellement élevé en 2017, atteignant 7 239. Le rapport enregistre ainsi un nombre record de victimes pour la troisième année consécutive après 9 437 victimes recensées en 2016 et 6 967 en 2015. Le nombre réel de nouvelles victimes est probablement beaucoup plus élevé, compte tenu des difficultés à recueillir les informations dans les zones de conflit actuelles ou récentes.

2 716 personnes ont été tuées ou blessées par des mines artisanales, ce qui représente le bilan le plus lourd depuis le premier rapport de l’Observatoire en 2000. Les victimes de mines artisanales ont été recensées dans 18 pays, principalement en Afghanistan (1 093 victimes) et en Syrie (887 victimes). Les victimes de mines artisanales (2 716) et de restes explosifs de guerre (2 038) représentent les deux tiers du nombre total de victimes.

47 % des victimes sont des enfants

Ce bilan dramatique est en grande partie dû à celui enregistré dans les pays en conflit ou en proie à des violences endémiques : en 2017, la majorité des nouvelles victimes des mines et restes explosifs de guerre ont été enregistrées en Afghanistan (2 300 victimes), en Syrie (1 906), en Ukraine (429) et en Irak (304). Au total, les victimes ont été dénombrées dans 53 États et territoires dans le monde. 

Les mines et les restes explosifs de guerre continuent de tuer et blesser très majoritairement des civils : 87 % des victimes étaient des civils en 2017, dont 47 % d’enfants : 2 452 ont été victimes de mines et restes explosifs en 2017.

L’Observatoire confirme de nouvelles utilisations de mines par les forces gouvernementales du Myanmar entre octobre 2017 et octobre 2018. Des groupes armés non étatiques ont également utilisé des mines, dont des mines de fabrication artisanale, dans au moins 8 pays : l’Afghanistan, la Colombie, l’Inde, le Myanmar, le Nigéria, le Pakistan, la Thaïlande et le Yémen. 

Faible financement de l’assistance aux victimes

Ces utilisations ont engendré une contamination accrue qui met en danger la vie de milliers de personnes pendant un conflit mais aussi longtemps après. Au total, 60 États et territoires sont contaminés par les mines et les restes explosifs de guerre dans le monde. Handicap International appelle les États à soutenir les programmes d’éducation aux risques, de déminage et d’assistance aux victimes qui sont, pour ces pays et territoires, absolument nécessaires. 

Le financement international et national de l’action contre les mines a été particulièrement élevé en 2017 (771,5 millions de dollars), soit une augmentation de 36 % par rapport à 2016. Mais le financement dédié à l’assistance aux victimes reste particulièrement bas, l’aide internationale dans le domaine ne représentant que 2 % de l’enveloppe totale du financement international de l’action contre les mines, soit 15,8 millions de dollars sur 667,2 millions de dollars. Handicap International appelle la communauté internationale à un sursaut car en aucun cas les montants actuels ne peuvent répondre aux besoins qui ont augmenté de façon vertigineuse ces dernières années. 

Portrait d'Anne Héry de Handicap International« Alors que le nombre de victimes a presque doublé depuis 2014, l’aide financière dédiée à l’assistance aux victimes continue de baisser et ne permet pas de répondre aux besoins ! Les 33 États qui ont un nombre significatif de victimes manquent de ressources et de compétences pour les soutenir. Trop centralisés, les services restent inaccessibles aux personnes des régions rurales ou reculées. Plus spécifiquement, le manque d’équipements et de ressources pour la rééducation physique est criant... Il est d’une urgente nécessité de soutenir l’assistance aux victimes sans laquelle elles ne peuvent pas se reconstruire et participer à la reconstruction de leur communauté. »

Anne Héry, responsable du plaidoyer à Handicap International


Le rapport 2018 de l’Observatoire des mines dresse le bilan de l’application du Traité d’Ottawa qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des mines antipersonnel sur l’année 2017, et jusqu’à novembre 2018 quand cela est possible. Télécharger le rapport 2018 (en anglais)

Le Traité d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. Le Traité a été ouvert à signature le 3 décembre 1997. Il est entré en vigueur le 1er mars 1999. À ce jour 164 sont États parties au Traité. Un État, les Îles Marshall, en est signataire.

Publié le : 20 novembre 2018
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