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« Transmettre mes connaissances et assurer la relève par la jeune génération »

Droit
Sénégal

Portrait de Fama Ka, mairesse de Mbour au Sénégal.

Fama Ka pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022.

Fama Ka pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022. | © Fran6Concept / HI

Je suis Fama Ka, mairesse de Mbour, au Sénégal. Atteinte de cécité à l’âge de 13 ans, j’en ai aujourd’hui 54. Je représente les femmes handicapées dans les organisations de personnes handicapées aux niveaux national et régional.

Un parcours de lutte national et international

Fama KaJ’ai un long parcours de défense des droits des femmes en général et des femmes handicapées en particulier. Je suis membre de plusieurs organisations de femmes et de personnes handicapées, où je représente les femmes. C’est en 1990 que je suis devenue militante. Mon parcours m’a amenée à représenter les femmes aveugles sénégalaises et africaines au Kenya, au Canada, au Burkina Faso, au Japon et en Thaïlande. Je suis notamment la vice-présidente de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapée et secrétaire générale du Comité national des femmes handicapées.

Je suis aussi la trésorière de l’association des personnes handicapées de Pikine et opératrice du centre d’écoute des femmes handicapées, dont HI est partenaire. J’ai eu à écouter beaucoup de femmes violentées. Elles m’ont parlé de leur situation, des difficultés rencontrées et de leurs besoins. Ce centre d’écoute est une véritable réussite et je suis fière d’avoir participé à sa mise en place.

Avant, les femmes n’avaient pas d’espace où exprimer leurs sentiments, où parler de leurs problèmes. Grâce à ce centre, elles ont la possibilité de s’ouvrir à leurs paires et de parler de leurs problèmes.

Notre combat est le combat de tout le monde

J’étais fière d’être une fille et je suis fière d’être une femme. Mais, dans notre pays, les femmes subissent toutes sortes de violences : des violences psychologiques, verbales, physiques, etc. Surtout nous, les femmes handicapées : nous sommes doublement violentées, en tant que femmes mais aussi en tant que personnes handicapées.

Les femmes handicapées au Sénégal sont très engagées, elles se sont organisées en associations et elles ont créé des alliances avec les autres femmes. Aujourd’hui, elles occupent une meilleure place, car elles ont saisi l’opportunité de parler de leurs problèmes.

Leur combat est devenu le combat de tout le monde – de toutes les femmes.

La société doit défendre nos droits, elle doit porter le combat des personnes handicapées. De même qu’elle défend les droits des enfants, elle doit se lever et défendre les droits des personnes handicapées. On doit promouvoir le développement local et inclusif et impliquer les personnes handicapées dans la gestion de la cité, de la localité. Heureusement, les choses évoluent et les préoccupations des femmes handicapées sont davantage prises en compte. Par exemple, je participe à un projet pour l’emploi, dans le cadre duquel je forme 15 jeunes filles aveugles et malvoyantes, afin qu’elles deviennent des cheffes d’entreprise.

Fière d’être handicapée et de participer au développement de mon pays

Le rôle de HI, en tant que partenaire, c’est de soutenir le combat des personnes handicapées, de les appuyer techniquement et financièrement pour leurs projets. Depuis très longtemps, HI a été aux côtés des femmes handicapées pour les aider à faire reconnaître leurs droits, à favoriser leur insertion socio-professionnelle, à financer des projets, etc. HI a beaucoup fait pour les personnes handicapées, et c’est quelque chose que nous saluons et que nous apprécions à sa juste valeur.

Les choses ont changé. Aujourd’hui, beaucoup de femmes handicapées sont impliquées dans la gestion de la société. Elles ont accès aux instances de décision et ont la possibilité de pousser les personnes à changer leurs comportements.

Ce qui me motive aussi, c’est le fait que moi, en tant que femme handicapée visuelle, je trouve ma place dans la société. Je suis même en train de former des personnes non-handicapées, car elles font désormais confiance aux personnes handicapées.

Je suis fière, non seulement d’être femme mais d’être femme handicapée. Parce que cela ne m’a pas empêché de travailler pour mes sœurs, ni de participer au développement de ma localité et de ma nation.

Poursuivons la lutte pour le respect de nos droits

Je voudrais dire à mes sœurs de poursuivre la lutte contre les violences faites aux femmes et pour le respect de nos droits. Cette lutte, qui souhaite voir advenir une société où on n’exclut personne, où tout le monde a les mêmes opportunités et les mêmes privilèges.

Aujourd’hui, je travaille avec des jeunes filles handicapées pour assurer la relève intergénérationnelle. Je me bats depuis 30 pour les personnes handicapées, il est temps pour moi de transmettre mes connaissances et mes compétences. Pour que ces jeunes filles handicapées puissent continuer le travail que j’ai commencé depuis si longtemps.

De même qu’on m’a aidée à devenir celle que je suis, de même je dois transmettre ce que je sais à la jeune génération, pour qu’elle puisse assurer la relève.

Publié le : 8 mars 2022
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