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Gaza : « La population est encore sous le choc »

Urgence
Palestine

Gaza a été gravement touchée par onze jours de bombardements incessants en mai dernier lors du conflit avec Israël. Amal, de l’équipe Handicap International sur place, nous raconte son vécu et la situation humanitaire actuelle.

Photo d'archive - Les équipes de Handicap International portent assistance à une personne blessée à Gaza en 2018.

Photo d'archive - Les équipes de Handicap International portent assistance à une personne blessée à Gaza en 2018. | © Hardy Skills / HI

256 personnes ont été tuées à Gaza, et 13 en Israël, au cours des onze jours de bombardements en mai 2021. Près de 2 000 Palestiniens de Gaza ont été blessés. En Cisjordanie et à Gaza, on estime à 1,3 million le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire.[1]

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Portrait d'Amal de Handicap International à GazaAmal : La vie semble avoir repris son cours. Les magasins ont rouvert, les gens retournent au travail. Le jour de l'annonce du cessez-le-feu, la foule s’est rendue sur la plage de Gaza pour célébrer la fin des violences. C'était un spectacle très impressionnant. Une fois le cessez-le-feu annoncé, je me suis retrouvée à pleurer et à pleurer, sans pouvoir m'arrêter. C'était la première fois que je pleurais à cause de la guerre et au moment où j'écris ces lignes, j'ai à nouveau envie de pleurer. Les jours suivants, nous avons pu sortir et voir ce qui s'était passé. Nous avons vu toutes les destructions, les dégâts, et nous avons commencé à prendre des nouvelles de chacun. Cela nous a ramenés à la réalité de la situation et à l'incroyable horreur que nous vivons. Il faudra peut-être des années rien que pour reconstruire ce qui a été détruit et compenser ce qui a été perdu, sachant que la perte de vies ne sera jamais réparée.

Les équipes de Handicap International ont repris le travail et s’organisent pour l’urgence. Cela demande beaucoup d'énergie et d'énormes efforts car nous sommes affaiblis mentalement et physiquement. Mais le fait de savoir que de nombreuses personnes sont en difficulté et ont besoin de soutien nous a donné le courage de nous ressaisir et de reprendre notre rôle d’aide aux personnes les plus vulnérables.

Certaines personnes sont restées sous les décombres pendant des jours après la fin des affrontements. Cette idée nous était insupportable quand, traversant les zones touchées pour retourner au travail, nous avons vu les équipes de secours faire tous les efforts possibles pour les ramener à la vie.

Dans quel état d'esprit se trouvent les gens aujourd'hui ?

De nombreuses personnes sont en état de choc. Dans les jours qui ont suivi l'annonce du cessez-le-feu, les gens étaient épuisés, tant psychologiquement que physiquement. Il est important de noter que les onze jours de bombardements ont été sans interruption, sans jamais de pause. Plus de 100 000 personnes ont dû fuir, parfois plusieurs fois avant de trouver un endroit sûr. Le simple fait de sortir pour acheter de la nourriture pouvait mettre votre vie en danger.

La population est encore très inquiète : combien de temps la paix va-t-elle durer ? Qu'adviendra-t-il de nous ? Les enfants sont toujours les plus touchés, avec des insomnies et des cauchemars.

Cette semaine, des raids ont à nouveau frappé Gaza, rompant le cessez-le-feu. J'avais peur que la guerre ne reprenne mais lorsque j'ai reçu la communication de la sécurité indiquant que le bureau de Handicap International était ouvert car il n'y avait pas de complications, j'ai été soulagée. Je ne peux pas supporter de vivre à nouveau cette expérience.

Quelle est la situation humanitaire à ce jour ?

Les dégâts matériels sont impressionnants. Près de 500 bâtiments ont été endommagés ou détruits. Suite aux bombardements, il y a également eu plus de 1 000 cratères d'impact dans les champs ou les terrains vagues et plus de 40 sur les routes. Nous subissons encore des coupures de courant et le système d'égouts est endommagé, ce qui réduit l'accès à l'eau potable. Les besoins humanitaires sont immenses. Entre autres, il y a un grand besoin de reconstruction, surtout pour les logements.

De nombreuses zones sont contaminées par des restes explosifs car un certain pourcentage de bombes n'a pas explosé à l'impact. Enfouies sous les décombres, elles mettent en danger la vie des personnes. Des morceaux de bombes explosées peuvent également représenter un danger. Il est important de mener des campagnes de sensibilisation auprès de la population pour les informer.

En raison du blocus actuel, nous manquons de tout à Gaza, y compris de produits et d'équipements médicaux. Il y a encore près de 9 000 personnes déplacées, abritées principalement dans des écoles. Elles ont besoin de tout, même de nourriture et de carburant. De nombreuses entreprises ont dû fermer parce que les marchandises ne peuvent pas entrer à Gaza et de nombreux commerçants ont du mal à payer un supplément pour les marchandises stockées dans les ports. Toutes ces obligations financières supplémentaires viennent alourdir le fardeau de la population frappée par la pauvreté.

Quelle a été la réponse de Handicap International jusqu’à présent ?

Nous avons aidé à évacuer plusieurs personnes handicapées lors des bombardements, et nous avons organisé des séances d'éducation aux risques des restes explosifs de guerre peu après. Nous avons distribué des bons d’aide alimentaire à 300 familles, ainsi que des kits de premiers soins à 500 familles.


Les prochaines étapes de l’intervention de Handicap International

L'association est actuellement en discussion avec des bailleurs de fonds concernant plusieurs activités :

  • Elle prévoit d'organiser des séances d'éducation aux risques pour les enfants afin qu'ils puissent reconnaître les bombes non explosées ou les restes d'explosifs et apprendre à éviter tout danger.
  • Nous programmons également de mener des activités récréatives pour améliorer le bien-être psychologique d'environ 2 000 enfants.
  • Nous voulons poursuivre la distribution d'articles non alimentaires pour les familles déplacées et les familles accueillant des personnes déplacées : kits d'hygiène, de tampons ou de serviettes périodiques pour les femmes, kits de cuisine, couches et aides à la mobilité (béquilles, déambulateurs, etc.).
  • Nous prévoyons de contribuer à la réparation et l'amélioration d’une centaine de maisons partiellement endommagées pour des personnes très vulnérables : femmes seules avec enfants, personnes âgées et handicapées. Trente de ces habitations devraient être adaptées aux personnes handicapées ou aux personnes susceptibles d’avoir un handicap permanent en raison de blessures subies lors des violences.

Nous nous coordonnons avec les autres organisations humanitaires concernées afin d'éviter les doublons et d'inclure davantage les personnes à risque dans l’accès à l’aide humanitaire.


[1] Local Ministry of Health, USAID and Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights.

Publié le : 23 juin 2021
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